Côte d’Ivoire : Pas de "paix durable" sans réconciliation "sincère"

Côte d’Ivoire : Pas de "paix durable" sans réconciliation "sincère"

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"La clé de la paix durable, non seulement à l'Ouest mais aussi sur tout le territoire de la Côte d'Ivoire, réside au-delà de la protection et la sécurisation dans un travail de réconciliation sincère impliquant tous les Ivoiriens", a déclaré vendredi Bert Koenders lors d'un forum d'échanges à Dabou (sud, 25 km d'Abidjan) dans le cadre des Journées des Nations unies ouvertes dans cette ville.

Selon un communiqué de l'Onuci transmis samedi à Xinhua, M. Koenders a martelé que "la paix n'est pas un mot mais un comportement", évoquant les récentes attaques à Taï (Ouest) dans lesquelles sept Casques bleus, des soldats et civils ivoiriens ont perdu la vie.

"Chacun d'entre vous a un rôle à jouer dans la préservation des acquis et dans l'apaisement des coeurs", a-t-il soutenu interpellant la population.

"C'est ensemble, main dans la main, que nous contribuerons au renforcement de la cohésion sociale et de la réconciliation nationale", a ajouté M. Koenders.

Pour le chef de l'Onuci, "la réconciliation et la cohésion sociale sont des conditions indispensables pour le relèvement économique et le retour à la normalité".

Il a réaffirmé, au cours des échanges, "l'engagement des Nations unies à accompagner les autorités et les populations ivoiriennes dans ce vaste chantier".

Plus d'un an après la fin de la crise post-électorale avec la chute militaire de Laurent Gbagbo le 11 avril dernier, la situation sécuritaire reste préoccupante en Côte d'Ivoire et le tissu de la cohésion sociale toujours fissuré.

L'Ouest du pays continue de payer un lourd tribut à la crise avec plus de 40 personnes tuées depuis juillet dernier par des mercenaires libériens et miliciens partisans de l'ex président Laurent Gbagbo, selon Human Rights Watch.

De nouvelles attaques ont fait, entre le 8 et le 11 juin, près de 20 morts dont sept Casques bleus du contingent nigérien.

Mardi, le gouvernement a annoncé avoir déjoué un complot visant à renverser le régime d'Alassane Ouattara ourdi par des militaires en exil et des responsables politiques favorables à M. Gbagbo.

Laurent Gbagbo est détenu à la Haye où la Cour pénale internationale (CPI) le soupçonne de "crimes contre l'humanité".

Le Front populaire ivoirien (FPI), son parti, a nié toute implication de ses militants dans les attaques de l'Ouest et rejeté les accusations de complot, les qualifiant de "fantaisistes ".