Accueil Tchad Tchad : mobilisation générale pour les prochaines élections communales

Tchad : mobilisation générale pour les prochaines élections communales

Quarante-deux villes chefs-lieux de département et 10 autres villes chefs-lieux de sous-préfecture dont la population avoisine 10.000 âmes sont retenues comme circonscriptions électorales. Le scrutin sera organisé dans les autres agglomérations plus tard.
Contrairement à la dernière élection présidentielle boycottée par l'opposition, tous les partis politiques participeront aux élections communales. Les alliances se mijotent aussi bien au sein de la majorité plurielle que de l'opposition.

Tirant les leçons des législatives, le Mouvement Patriotique du Salut (MPS, au pouvoir depuis 1990) a voulu rectifier le tir pour faire le moins possible de mécontents dans ses rangs. Au lieu de laisser la désignation des candidats du parti à la seule sagesse de son président-fondateur, Idriss Déby Itno, on les a choisis par consensus au sein des conseils des circonscriptions électorales.

Ce consensus n'est pas été aisé à trouver: des petits partis se sont plaints auprès du président Déby Itno sur le fait qu'ils aient peu ou pas de place dans les listes de la majorité. Autre fausse note dans l'alliance présidentielle, l'autre allié (le VIVA- RNDP de l'ancien Premier ministre Kassiré Delwa Coumakoye) a décidé d'aller seul aux prochaines élections municipales.

Du côté de l'opposition, l'on a également tiré les leçons de la débâcle aux élections législatives et présidentielles de février et mai dernier. Mercredi dernier, 17 partis de l'opposition (dont 11 de la Coordination des Partis politiques pour la Défense de la Constitution, le plus grand regroupement de l'opposition démocratique) ont signé une plate-forme pour les prochaines élections locales.
Formulée en huit points, la plate-forme impose à ses signataires l'établissement d'une liste commune des candidats, la mise en place d'une coordination nationale et des coordinations locales pour gérer le scrutin, un programme général commun et des programmes spécifiques locaux de campagne, la mise en commun des ressources (humaines, matérielles et financières), et un "emblème unique symbolisant l'unité et la solidarité agissantes des partis politiques de l'opposition démocratique", etc.

"Tout parti qui irait seul, ou en alliance avec un adversaire, devait tirer les conclusions, et se présenter seul partout", prévient la plate-forme de l'opposition.

"Nous gagnerons les prochaines élections municipales", déclare le chef de file de l'opposition, Saleh Kebzabo. Le président de l'Union Nationale pour la Démocratie et le Renouveau (deuxième force au parlement) est convaincu que au-delà du rejet unanime du régime, dans toutes ses composantes, les habitants des villes ne vont pas confier la gestion de leurs cités à cette horde de pillards qui, depuis une quinzaine d'années, a mis en coupe réglée nos villes".

Toutefois, il demande à la CENI de mettre en place un système sécurisé de distribution des cartes d'électeur, "en y associant les partis impliqués dans chaque circonscription".

Par ailleurs, l'opposition démocratique réclame le report d'au moins une semaine de la date limite de dépôt de candidature fixée au 30 novembre courant. Elle a même saisi le chef de l'Etat, garant de l'Accord politique du 13 août 2007, et le Comité de suivi et d'appui dudit Accord à cet effet.

Ouvert le 16 novembre dernier, le dépôt des candidatures devra être clos à la fin du mois courant. Conformément à l'article 170 du Code électoral révisé, tous les responsables de l'administration territoriale (ministre, gouverneurs, préfets, sous-préfets et présidents des comités de gestion de ville), ainsi que les avocats et les magistrats qui souhaitent faire acte de candidature, sont censés se décharger de leurs fonctions un mois avant la date du scrutin.

"Les élections locales auront bel et bien lieu le 15 janvier 2011", martèle Yaya Mahamat Liguita, président de la Commission Electorale Nationale Indépendante (CENI). Après plusieurs reports et en dépit de nombreuses difficultés -notamment financières- auxquelles la CENI fait face, son président se veut rassurant.

Pour montrer cette détermination, la CENI a publié les listes électorales depuis le 14 novembre (au lieu du 8 décembre comme prévu dans le chronogramme). Dans les bureaux de vote de la capitale, les électeurs viennent vérifier leurs noms sur ces listes. Tout se fait pour que le chronogramme soit respecté scrupuleusement.

Mais à côté des moyens financiers, il y a un autre problème de taille: la taille des bulletins de vote unique. Dans une circonscription comme le 7ème arrondissement de N'Djaména qui doit élire 35 conseillers et où il y aura plus d'une vingtaine de listes, que faut-il faire? "La question est à l'étude", indique un membre de la CENI.